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Par les lettres
En déménagement
La vraie vie
« Bien sûr, une comédie c’est léger mais ça n’est pas bien sérieux. La vraie vie, alors là, c’est tout autre chose. On rigole pas tous les jours, parce que quand on regarde bien c’est plutôt une tragédie » disait un bénéficiaire du RMI devant l’affiche pour la lecture de La mégère apprivoisée.
Vivre l’amour et le sexe, c’est pourtant bien l’enjeux pour des hommes et des femmes. Autant dire tout de suite : mission impossible, tellement l’amour et le sexe sont ingouvernables. Et ça tourne à la comédie ou à la tragédie, parfois les deux, comme obligatoire.
Shakespeare, lui, c’est en maître des deux genres qu’il représente l’impossible réalisé, l’amour accompli et régnant. On n’aime pas voir ça représenté, peut-être par crainte de tomber dans la mièvrerie, plus sûrement parce que personne ou presque ne peut consentir à se laisser totalement gouverner par l’amour et le sexe, principe pourtant incontournable d’une vie humaine. Vivre cela, c’est une déchirure infinie, une douleur qui demeure jusqu’à la fin.
Alors, au milieu des arrangements pour calmer la douleur de vivre, la scène et le texte figurent ce qui se passe dans l’insu. Un détour de fiction pour entendre l’écho de « la vraie vie ».
Jean-Philippe Lagrange, janvier 2003
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